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En Allemagne, une Réserve abrite les Dülmen, mentionnés depuis le 14ème siècle dans cette région de landes, de bois et de marais. Jadis répartis sur de très grandes étendues, ils ne
survivent
plus aujourd'hui que sur 220 hectares et leur population est régulée chaque année pour
éviter la surpopulation. Ces poneys ressemblent à de petits Tarpans avec des
robes isabelle comme le Cheval de Prjewalski, grise comme le Konik Polski ou noire comme les petits chevaux primitifs de Suède, d'Angleterre et des Pyrénées. La variabilité de couleurs s'explique par la diversité de milieux qu'ils occupent, empêchant une spéciation plus poussée.

Il y a 10.000 ans, à la fin de la dernière glaciation, le climat de l'Europe occidentale devenait doux et humide. En moins de 2.000 ans, la forêt a remplacée la steppe, obligeant les grands mammifères à migrer vers le nord (Rennes, Elands), à grimper plus haut dans la montagne
(Isards, Bouquetins) ou à s'adapter à ces nouvelles conditions de vie.
Les Tarpans des Pyrénées, ancêtre des Pottoks, à robe sombre se sont développés tandis que ceux à robe isabelle ou gris souris ont régressés, car ils étaient mieux camouflés dans les bois pour éviter les prédateurs (Ours, Loups). Cette couleur sombre présente aussi l'avantage
d'accumuler l'énergie solaire (photons) et permet à ces chevaux de sécher
rapidement dans un environnement plus humide que froid.
La crinière et la queue comme l'ensemble du système pileux se sont développés également. Néanmoins, quelques rares sujets conservent encore aujourd'hui la robe ancestrale isabelle du Prjevalski et à la naissance, les jeunes Pottoks de Type Originel sont généralement gris avec une raie de mulet noire sur le dos.
PLUS DE PRECISIONS :
Depuis 1992, nous étudions les populations de petits chevaux aux caractères
primitifs, qui évoluent en semi-liberté sur les landes pauvres aux sols acides et les bois de quelques massifs montagneux
français et espagnols des Pyrénées occidentales, principalement au Pays Basque et appelés communément "pottiok", ce qui veut dire "petit cheval"
en langue basque.
Notre attention se porte sur les quelques rares sujets encore présents aujourd'hui parmi ces populations très hétérogènes, dont la robe, la morphologie et le comportement sont similaires et identiques à ceux observés majoritairement et en grand nombre autrefois, dans ce même habitat.
Le TYPE ORIGINEL de "pottiok" primitif noir ou brun, est malheureusement en voie de disparition dans son milieu naturel, à la suite de très nombreux croisements pratiqués depuis une cinquantaine d'années avec des chevaux et poneys domestiques, dans le but d'obtenir généralement des chevaux destinés à la boucherie ou des poneys de selle.
Le TYPE ORIGINEL correspond à la robe et au phénotype des poneys vivants à l'état libre et qui étaient observés communément jusque dans les années 1970 sur une aire de répartition d'environ 5.000 km² au Pays Basque Nord (français) et Sud (espagnol).
Historiquement, il n'a jamais été fait mention avant 1970 d'une quelconque standardisation de ces populations primitives de petits chevaux sauvages, que ce soit en France ou en Espagne et ces équidés qui n'étaient pas élevés avec les autre animaux domestiques à la ferme, étaient réputés inaptes et rétifs à toute exploitation habituelle pour des équidés
sous leur forme originelle, s'ils n'avaient pas été capturés, domestiqués et dressés durant leurs deux premières années d'existence.
Il ne s'agit donc probablement pas d'une ancienne race domestique retounée à l'état sauvage (chevaux marrons) puisque l'homme n'a pas effectué de sélection pour obtenir ce phénotype particulier bien fixé, dont l'émergence est plutôt le fruit de la sélection naturelle dans
une niche écologique spécifique.
En raison de l'homogénéité de robes et de morphologie observée, malgré l'éloignement de ces quelques chevaux rescapés des croisements avec des équidés de races domestiques et isolés sur des massifs séparés par plus de 100 kilomètres à cause de la fragmentation récente de leur milieu naturel (déforestation, défrichages,
agriculture intensive, urbanisation,
réseaux routiers, industrialisation), il est plausible de considérer la persistance depuis la fin de la préhistoire, après la dernière glaciation, à la fin du Magdalénien, d'une sous-espèce sauvage en voie de disparition de TARPAN DES PYRENEES, qui s'est maintenue tant bien que mal, jusqu'à nos jours.
De nombreuses études menées en France comme en Espagne pour décrire ces petits chevaux primitifs, permettent l'élaboration d'un standard précis réunissant l'ensemble des critères retenus ainsi que la mise en place d'une expérience éthologique et biologique, compte tenu de leur comportement social très particulier et de leur résistance aux parasites.
Les hypothèses les plus diverses concernant l'origine de ces chevaux en France comme en Espagne n'ont pas tenu compte de faits historiques ni du comportement social de ces animaux dans leur habitat.
Pour certains, ces chevaux descendraient de montures celtes, amenés par les envahisseurs venus de l'Est et qui se sont répandus dans l'ouest de l'Europe jusqu'au Portugal entre 900 et 500 Avant Jésus-Christ. Néanmoins, dans le Sud Ouest des côtes de France occupé par les Ibères, les Celtes ne se sont pas installés.
Pour d'autres, les Wisigoths, les Mongols puis les Huns auraient laissé échapper quelques unes de leurs montures lors des combats dans les Pyrénées Occidentales et qui auraient fait souche.
Il faudrait imaginer ces chevaux arnachés regagnant par eux-mêmes les landes, les marais et les montagnes les plus pauvres et les plus inhospitalières au lieu de rester dans les vallées où l'herbe est de meilleure qualité.
Certains de ces envahisseurs ne sont d'ailleurs jamais arrivés jusqu'aux Pyrénées et se sont arrêtés à l'est du Rhin.
Enfin, le cheval Arabe aurait modifié certaines lignées lors des invasions du 8ème siècle, ce qui permettrait de justifier certains croisements commerciaux avec ces mêmes chevaux orientaux à la mode actuellement. Quelques souches domestiquées ont d'ailleurs été agrandies par de tels croisements, dans les Landes de Gascogne notamment et plus récemment au
Pays Basque.
En réalité, il n'y a aucune trace de robe grise, ni de traits morphologiques caractéristiques de l'arabe, race qui ne résiste d'ailleurs pas bien à l'humidité, ni à certains parasites vecteurs de la piroplasmose comme les tiques (très abondantes dans les marais, les bois, et les landes dans cette région) sur les chevaux qui nous concernent.
Leur groupe sanguin étudié en 1975 sur plus de 150 individus caractéristiques, révèle une authenticité qui les différencie de tous les autres poneys d'origines celtiques comme des chevaux arabes.
Il s'agit donc très probablement d'un groupe original de chevaux, isolé depuis très longtemps. Mais la présence de chevaux sauvages dans le Sud Ouest de l'Europe n'était toujours pas confirmée par des vestiges ou ossements, entre la période préhistorique et l'histoire contemporaine récente, ce qui autorisait toutes les spéculations. L'absence de preuves
ne constituant pas une preuve d'absence, selon l'adage bien connu des paléontologues les plus éminents, il faut attendre le troisième millénaire pour mettre un
terme à toutes ces suppositions.
La persistance d'une souche primitive originellement répandue dans tout le sud-ouest de la France et le nord-ouest de l'Espagne depuis la fin de la dernière glaciation (8.500 Av. J.C.) est enfin la piste la plus plausible lorsque des ossements de chevaux sauvages préhistoriques,
des TARPANS DES PYRENEES, ont été révélés par le Pr. Altuna de San Sebastian,
en l'an 2000, au cœur de l'habitat naturel du "Pottok de Type Originel" d'aujourd'hui. Deux squelettes datés par le procédé du Carbone 14 respectivement
vers 3500 et 5500 ans Av. J.C. confirment donc la présence de Tarpans dans les Pyrénées occidentales à une période récente, ancêtres probables du Pottok de Type Originel d'aujourd'hui.
Compte tenu de la pluviométrie, de l'humidité et de l'acidité des sols, la conservation de ces ossements était rendue pratiquement impossible dans cette région, ce qui explique le peu de vestiges mis à jour et retrouvés. Ces deux squelettes attestent de la continuité dans le temps de la présence de ces Tarpans depuis le Magdalénien dans le Sud Ouest.
D'ailleurs, si l'on retrace la migration de chevaux sauvages similaires aux Prjevalski actuels, depuis les steppes de l'Asie Centrale jusqu'au nord de la Suède, les Iles Britanniques et le sud de l'Espagne entre 40.000 et 10.000 ans avant notre ère, il faut admettre qu'en fonction des variations climatiques parfois brutales et les changements majeurs de
leurs biotopes, des formes différentes ont pu se développer, la sélection naturelle favorisant les sujets les mieux adaptés à partir d'une variabilité importante que l'on retrouve encore aujourd'hui au sein de l'espèce.
Les descendants les plus proches de ces chevaux venus d'Asie sont bien entendu les Prjevalski d'aujourd'hui, dont le nombre de chromosomes est différent de celui de tous les autres chevaux "modernes". Néanmoins, la divergence génétique est suffisamment récente pour permettre encore une inter-fécondité entre les deux sous-espèces à l'inverse
des chevaux et des ânes, séparés depuis beaucoup plus longtemps. Les poulains obtenus en troisième génération de croisement par absorption avec le cheval "moderne", présentent toutes les caractéristiques de ce dernier et le même nombre de chromosomes, démontrant que les gènes du Prjevalski sont récessifs par rapport à ceux du cheval "moderne".
Une évolution multiple, en "mosaïque" s'est probablement produite, permettant à de nombreux types différents, des "sous-espèces géographiques" de se développer. Les mutations se sont produites progressivement ou brutalement, on ne le sait pas encore, ou par absorption avec la nouvelle sous-espèce, faisant disparaître l'ancienne, dont
quelques sujets ont survécu dans un isolat du désert de Gobi jusqu'au début du 20ème siècle.
Sur une partie des magnifiques fresques des Grottes de Lascaux datée de la dernière période glaciaire, on observe la présence de chevaux plus petits, à la robe sombre et au système pileux développé, avec queue et crinière fournies, aux côtés de chevaux plus grands, de type Prjevalski de robes assez sombres également, ce qui pourrait indiquer un métissage
génétique possible et une évolution de la robe depuis le type ancestral Isabelle avec raie de mulet noire.
Cette robe Isabelle correspond bien à une adaptation aux milieux de steppes ouvertes et à la végétation rase des périodes froides glaciaires des premiers chevaux sauvages arrivés d'Asie similaires au Prjevalski actuel tandis que la robe sombre avec crinière et queue fournies, appartiennent à des chevaux adaptés à un milieu forestier humide qui a été celui
de l'Eurasie depuis la fin brutale de la dernière glaciation, il y a 10.000 ans seulement.
Comment cette robe brune ou noire s'est-elle imposée progressivement dans le Sud Ouest, l'Ouest et le Nord de l'Europe ?
Sur le plan de l'évolution, un caractère qui n'a pas été forgé initialement par la sélection naturelle - théorie de Darwin - mais qui fait partie d'un complexe plus large, est nommé une "exaptation". Il peut arriver qu'à l'occasion de changements importants dans l'environnement, climat, végétation, etc..., ce caractère occasionnel
présente
un avantage. Il devient alors la cible de la sélection naturelle parce qu'il donne un avantage dans la compétition entre les populations d'animaux de la même espèce ou vis à vis des prédateurs.
Il devient dès lors une adaptation. Dans ce cas, l'environnement ne crée rien, il ne fait que sélectionner.
On retrouve d'ailleurs de grandes similitudes entre le Pottok de Type Originel, l'Exmoor anglais et le poney des Iles Gotland en Suède, dont les habitats forestiers et de landes humides sont similaires. Ils peuvent être issus de la même souche mère originelle de Tarpans des Forêts, ou tout simplement présenter des caractères morphologiques similaires,
car présentant des avantages identiques dans des environnements semblables.
Il faut rappeler également, que toutes ces Iles étaient reliées au continent pendant la dernière glaciation, le niveau de la mer étant par période plus bas d'au moins une centaine de mètres d'altitude, permettant le passage et la colonisation de nombreuses espèces de mammifères terrestres depuis le continent.
Les similitudes avec le Dülmen dont la variabilité de robes s'échelonne du noir (comme ces trois souches primitives), au gris souris (comme le Tarpan d'Europe Centrale) en passant par l'Isabelle
(comme le Prjevalski) sont évidentes.
Le Dülmen, en revanche, présente des robes différentes car il ne s'est pas spécialisé dans un environnement spécifique, circulant entre landes, bois, plaines et marais. De fait, les robes ancestrales se sont maintenues car aucune d'elles ne présentait un avantage déterminant par rapport aux autres. L'évolution fonctionne ainsi : variabilité, puis
sélection le cas échéant.
D'anciennes descriptions de Bidets Bretons, de poneys des Landes de Gascogne comme des poneys des Barthes de l'Adour, similaires au POTTIOK DE TYPE ORIGINEL, autorisent à croire en la diffusion du Tarpan d'Europe de l'Ouest et du Nord, dans l'ensemble des immenses forêts, défrichées massivement à partir du Moyen Âge pour ne représenter plus que 10 à 20
% des surfaces aujourd'hui.
Avec le morcellement de leur habitat et les croisements avec des chevaux domestiques importés par toutes les vagues d'envahisseurs successifs, seules quelques populations archaïques isolées, éparpillées dans les biotopes les plus rudes et les plus austères, ont survécu jusqu'à nos jours, là où ils n'étaient pas en compétition avec l'homme, toujours à la
recherche des meilleurs pâturages pour ses propres herbivores d'élevage.
On retrouve ces chevaux sauvages contemporains en dessous de 1000 mètres d'altitude, afin de résister aux hivers en dessous des zones d'enneigement rédhibitoires et au dessus de 400 mètres, car plus bas, toutes les terres sont défrichées et exploitées par l'homme.
Le cheval fait partie de notre histoire depuis des millénaires, des peintures rupestres jusqu'aux galopeurs du tiercé, en passant par les chevaux lourds ou les poneys.
De ses ancêtres préhistoriques, il ne reste plus que quelques rares souches sauvages ou primitives que l'homme n'a pas eu le temps de transformer en races les plus diverses, les plus variées, façonnées au gré de très nombreux croisements, des métissages avec d'autres chevaux importés pendant les voyages ou les guerres, de conditions de vies différentes,
de la domestication, de la consanguinité, de la variabilité génétique ou de la sélection pratiquée par les éleveurs pour répondre aux besoins du moment et à des exigences économiques, sociales et culturelles multiples.
C'est pourquoi l'on peut trouver de minuscules chevaux mesurant moins de 40 centimètres de haut comme les "Falabella" argentins à côtés d'immenses chevaux de trait les fameux "Shire" qui peuvent atteindre près de 2 m au garrot. Pourtant, ils font partie de la même espèce, l'équus caballus.
Tous partagent une origine commune qui remonte à environ 40.000 ans avant Jésus-Christ, quand des chevaux préhistoriques, les Pliohippus, semblables en plus grands aux actuels Prjewalski de Mongolie Extérieure, se répandent depuis l'Asie où ils ont fait souche, d'est en ouest et du nord au sud, jusqu'en Europe, en Arabie, en Afrique du Nord et certains
de leurs ossements ont même été retrouvés en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, d'où ils ont mystérieusement disparu par la suite.
Pendant tout le paléolithique supérieur, nos ancêtres les hommes de Cro-Magnon dessinent avec talent et précision, ces chevaux sur les parois des grottes du sud-ouest de l'Europe. A cette époque de grands froids - deux glaciations sucessives - le niveau de la mer était de 100 mètres au moins plus bas qu'il ne l'est aujourd'hui, la glace absorbant un important
volume d'eau et des îles comme l'Angleterre étaient reliées au continent européen d'où les chevaux préhistoriques sont probablement venus pour coloniser de nouvelles terres. Leurs déplacements, liés à la recherche de nourriture et à leur comportement social, ne devaient pas dépasser quelques kilomètres pour chaque génération. On sait aujourd'hui, que les ancêtres des mammouths, autres herbivores beaucoup plus volumineux, ont colonisé l'Eurasie depuis l'Afrique à raison de 5 kilomètres par génération...
Cette lente progression a permis aux animaux de s'adapter aux différentes niches écologiques qui se sont présentées à eux, en fonction des variations climatiques, de la pression du milieu naturel, de la flore et de la faume. La végétation limitée à une steppe herbeuse jaunie par le froid a favorisé la conservation du Pliohippus
parfaitement adapté à cet environnement et dont la robe isabelle avec des crins et les extrémités des membres noirs permettaient à ces chevaux de se camoufler pour se protéger des prédateurs dont ils étaient les proies favorites.
En Mongolie, dans le désert de Gobi, isolés du monde et supportant la sécheresse de l'été torride comme le froid intense de l'hiver continental, les Chevaux de Prjevalski se sont maintenus inchangés jusqu'au début du 20ème siècle, où l'homme a mis fin à leur existence sauvage pour les parquer dans des zoos du monde entier. Les derniers Prjewalski sauvages
ont été observés en 1966 dans la région du Parc National de Gobi en Mongolie.
Dégénérés par la consanguinité excessive et à cause de conditions de détentions particulièrement réduites, bon nombre de jeunes étalons souffrent d'une faiblesse congénitale des membres postérieurs et s'écroulent dès qu'ils tentent de galoper. Environ 10 centimètres plus petits que leurs ancêtres préhistoriques, les chevaux de Prjewalski d'aujourd'hui
mesurent en moyenne 1,35 m au garrot.
Rétifs à toute forme de domestication ou de dressage mis à part quelques cas peu nombreux, les chevaux de Prjewalski font l'objet d'ambitieux programmes de conservation et de réintroduction dans leur biotope originel en Mongolie où d'importants moyens sont employés dans le monde entier pour y parvenir.
En l'an 2000, 75 chevaux de Prjewalski parcouraient à nouveau le désert de Gobi, à l'intérieur d'une immense réserve sous la surveillance de scientifiques, malgré les difficultés rencontrées pour les acheminer sur place.
Capables de se reproduir avec les chevaux "modernes" qui ne présentent pas les mêmes caractéristiques génétiques avec 2 chromosomes d'écart, ces chevaux sont menacés d'hybridation avec les poneys des populations nomades mongoles.
Certains d'entre eux comportent d'ailleurs du sang de poney domestique, car pour éviter la consanguinité excessive dans les zoos où ils étaient conservés, une jument mongole avait été introduite parmi les Prjewalki captifs. Des caractéristiques différentes comme une robe rousse, une morphologie plus ronde ou la crinière tombante, trahissent encore aujourd'hui
l'origine du mélange.
Ailleurs, plus au sud, dans une vallée isolée du Tibet, les pliohippus ont évolués et sont devenus encore plus petits pour ne mesurer qu'un mètre vingt au garrot.
Supportant la rigueur du climat et la pauvreté de l'alimentation ainsi que les difficultés de déplacements dans un environnement plus montagneux et boisé, ces chevaux sont devenus plus gris beiges qu'isabelles et leur crinière a légèrement poussé pour retomber à moitié sur le côté de l'encolure.
A l'est, au fur et à mesure de leurs déplacements, les pliohippus se sont maintenus sans altérations majeures ou se sont transformés pour s'adapter à de nouvelles conditions de vie.
Environ 10.000 ans avant Jésus-Christ, la dernière période de froid touche à sa fin, le climat se radoucit en Europe et en moins de 2.000 ans, la forêt remplace la steppe favorisée par une humidité et une pluviométrie abondantes.
Apparaissent alors des chevaux différents, mieux adaptés à un milieu plus fermé et à une végétation dense, avec des robes plus sombres et des crins plus abondants : Ce sont les fameux Tarpans. Sont-ils issus des pliohippus venus d'Asie qui se sont transformés par macromutations successives ou bien font-ils partie d'une branche à part apparue grâce à la
spéciation induite par les changements climatiques et floristiques de cette période ?
Toujours est-il qu'ils ont partagés les mêmes biotopes avec les chevaux de type Prjewalski comme en témoignent les peintures rupestres du magdalénien où de petits chevaux bruns et noirs avec de longues queues touffues et des crinières abondantes galopent aux côtés de chevaux plus grands de couleur sombre également mais sans crins et avec des queues d'ânes.
Ces derniers avaient remplacé les chevaux de morphologie identique de type Prjewalski à la robe isabelle beaucoup plus claire dont les représentations ont été datées au Carbone 14, quelques milliers d'années plus tôt, pendant la dernière poussée glaciaire.
Ces Tarpans ont finalement supplanté les Prjewalski à la robe foncée soit en les absorbant génétiquement, soit parce que ces derniers n'étaient pas assez bien adaptés à leur nouvel environnement. La première hypothèse est la plus probable car on le sait aujourd'hui, les Prjewalski ont 66 chromosomes contre 64 pour les autres chevaux ce qui prouve qu'ils
font partie de deux sous-espèces distinctes. Néanmoins, ces deux sous-espèces sont encore très proches et leurs unions sont fécondes avec des poulains qui comportent 65 chromosomes. Adultes, ces chevaux "intermédiaires" de nouveau croisés avec des chevaux "modernes" donnent naissance à des chevaux comportant 64 chromosomes, ce qui accrédite la thèse de l'absorption pour aboutir naturellement aux Tarpans.
C'est ce qui s'est probablement produit dans tout le sud-ouest de l'Europe, en Angleterre et jusqu'en Suède tandis qu'en Europe Centrale, le climat continental plus prononcé a permis le maintien de chevaux aux robes plus claires, variant de l'isabelle au gris et plus rarement au noir, mieux adaptés à des forêts de saules et de bouleaux parsemées de grandes
clairières herbeuses.
En Ukraine, le Tarpan des Steppes s'est définitivement éteint en 1876 dans la Réserve de Askania Nova, tandis que le Tarpan des forêts s'est maintenu dans une Réserve Royale de Pologne jusque dans les années 1940. Pendant la deuxième guerre mondiale, ces Tarpans des Forêts sont dispersés dans les fermes alentours. Après la guerre, les rescapés souvent
croisés avec des "Konik Polski", c'est à dire les petits chevaux rustiques polonais, sont regroupés et relâchés dans la forêt de Bialowieza.
Une sélection à rebours est opérée méthodiquement à chaque génération pour éliminer les caractères étrangers afin d'obtenir des chevaux de plus en plus proches de la souche sauvage primitive en leur permettant de vivre en totale liberté à l'état sauvage dans une Réserve qui leur est attribuée. Mais l'on sait aujourd'hui, que des croisements avec des Prjewalski
ont été effectués pour augmenter leur aspect "sauvage".
En Allemagne, des petits chevaux primitifs se sont maintenus à l'état sauvage jusqu'à nos jours dans le "Merfelder Bruch" à quelques kilomètres de la ville de Dülmen. Leur présence est attestée depuis le 14ème siècle et il est probable qu'ils se trouvaient sur ce site depuis beaucoup plus longtemps encore. Sur un territoire de forêts, de
landes et de marécages de 4.000 hectares situé au coeur de la Westphalie, ces chevaux sauvages étaient également présents sur d'autres terres incultes où le défrichage systématique les a fait disparaître au milieu du 19ème siècle.
En 185O, le partage des terres communales a failli les faire disparaître également du "Merfelder Bruch" mais les Ducs de Croy en firent capturer 200 pour les relâcher sur une réserve privée de 250 hectares où ils vivent encore à l'état sauvage en semi-liberté aujourd'hui. Afin de respecter l'équilibre écologique de la réserve, un certain
nombre de poulains sont capturés chaque année pour être vendus à des particuliers, tandis que les pouliches sont conservées pour remplacer les juments adultes qui sont mortes pendant le très rude hiver de cette région.
Ces chevaux sauvages ne bénéficient d'aucune intervention humaine en dehors de quelques apports de fourrage quand la couche de neige est trop épaisse et durcie par le gel intense pour qu'ils parviennent à se nourrir. D'une taille variant de 1,20 m à 1,35 m, leurs robes sont semblables à celles du cheval de Przewalski, du Tarpan des Forêts de Pologne
et du
Tarpan de l'ouest de l'Europe, c'est à dire noires ou baies.
Ils correspondent aux trois types de robes ancestrales qui se sont maintenus simultanément dans un environnement plus diversifié que la steppe pure de Mongolie, la forêt de saules et de bouleaux de Pologne ou la forêt dense de feuillus de l'Europe occidentale.
La consanguinité inévitable depuis leur concentration dans la réserve n'a pourtant pas altéré leur résistance ni leur rusticité et aucun signe de dégénérescence n'a été constaté alors que l'ensemble du troupeau n'est issu que de 200 individus. Des croisements ont néanmoins été effectués avec des descendants de Tarpans et du sang arabe a été infusé au
milieu du 20ème siècle, aujourd'hui éliminé à chaque génération.
Ces chevaux ne sont jamais vermifugés ou désinsectisés et leurs sabots ne font l'objet d'aucun soin particulier. Les poulains qui sont capturés à l'âge de 6 ou 8 mois s'avèrent parfois très difficiles à domestiquer, ce qui confirme encore une fois leur caractère primitif et tout à fait sauvage. Néanmoins, la plupart de ces poulains finissent par ne plus
craindre l'homme mais il est nécessaire de les capturer dans leur première jeunesse faute de quoi leur caractère rétif et craintif devient dominant et irréversible. Les combats d'étalons adultes sont impressionnants mais il est rare de voir des chevaux blessés mortellement, le plus faible prenant généralement la fuite.
A l'ouest de l'Europe, pendant la dernière glaciation, les chevaux colonisent probablement les îles comme l'Angleterre, le niveau de la mer étant suffisamment bas pour les relier au continent. On retrouve encore aujourd'hui dans l'Exmoor des poneys primitifs à la robe brune avec le bout du nez plus clair et le ventre beige, rappelant les caractéristiques
du Przewalski et du Tarpan des Forêts, mais avec une robe foncée. Les crins ont poussé et ces mutations consécutives aux changements de climat et de végétation après la dernière glaciation, leur ont permis de s'adapter pour survivre à ces changements très rapides puisqu'ils se sont produits en moins de 2.500 ans. La pluie a donc remplacé le froid, la forêt dense de feuillus, la steppe. Pour échapper aux prédateurs dans cet univers sombre, la sélection naturelle a favorisé ceux dont la robe était brune ou noire,
camouflage parfait vis à vis des ours et des loups qui ne distinguent pas les couleurs mais au contraire, les contrastes.
Dans cet environnement particulièrement humide, le pelage sombre et la peau noire, permettent également à ces chevaux de sécher plus vite grace à l'accumulation de photons, tandis que les chevaux plus clairs, restent mouillés. Le système pileux, la crinière et la queue se développent pour protéger le cheval comme toutes les autres espèces d'herbivores
adaptées aux régions humides. La position de la queue est toujours caractéristique et plantée bas pour protéger les parties génitales. Sur les îles Gotland, en Suède, un petit cheval primitif semblable à l'Exmoor, s'est parfaitement adapté au milieu forestier local. Les conifères omniprésents sur l'île ont provoqué un accroissement de l'acidité du sol, très appauvri. Ce petit cheval issu également du Tarpan des Forêts, probablement isolé du reste de l'Europe quand le niveau de la mer s'est élevé à nouveau, s'est
conservé sans mélanges jusqu'à nos jours. Sa taille réduite à 1,20 m s'explique par son isolement sur une petite île en raison de conditions de vie difficiles.
Plus au sud, en France et en Espagne, des peintures rupestres s'étalant du paléolithique supérieur jusqu'à la fin du magdalénien, attestent avec une précision saisissante de la présence de ces chevaux sauvages. En fonction des périodes et avec une régularité jamais démentie, les différents types de chevaux adaptés aux périodes climatiques spécifiques sont
parfaitement dessinés, peints ou sculptés.
Entre 30.000 et 10.000 ans avant Jésus-Christ, on observe une évolution entre le type Przewalski à la robe isabelle ou beige, au type Przewalski brun pour finir par un Tarpan des Forêts avec une crinière abondante et une queue touffue à la robe châtaigne ou noire. Certaines représentations regroupent plusieurs types morphologiques en même temps et laissent
supposer une cohabitation de types intermédiaires dont les caractères les plus favorables se sont probablement maintenus.
A Combarelles, un dessin au trait d'une grande précision daté d'environ 10.000 ans avant Jésus-Christ, nous révèle la morphologie de ce Tarpan des Forêts : Tête longue avec une dépression au niveau du front, bas du chanfrein anguleux-convexe, œil haut placé, crinière dressée au vent car le cheval court au trot, dos long, croupe inclinée, queue plantée
bas, membres fins, ventre volumineux comme chez tous les herbivores qui absorbent un grand volume de cellulose peu nutritif.
A Lascaux, à la même période on retrouve les mêmes caractéristiques. Egalement à Altamira en Espagne, avec le bout du nez plus clair, réminiscence du Przewalski, mais probablement à une époque un peu plus lointaine ce qui explique l'évolution moins avancée de ce cheval, représenté à un stade intermédiaire.
La position haute de l'œil des représentations les plus récentes - Magdalénien - indique clairement l'appartenance au milieu forestier, de landes humides recouvertes de fougères et de brousailles, car elle permet au cheval de brouter tout en surveillant aux alentours. Chez les chevaux sauvages de la steppe rase, l'œil est placé plus bas. On observe les
mêmes caractéristiques chez les zèbres en Afrique en fonction de leurs sous-espèces, liées au milieu naturel dans lequel ils vivent (plaine ou montagne).
A Isturitz, au Pays Basque, la présence de ces chevaux est confirmée par des dessins suffisamment précis pour distinguer des crinières abondantes. Des recherches sont en cours pour déterminer la période précise de ces représentations et afin d'expliquer les traits qui sont présents sur la tête de ces chevaux et dont on pourrait penser qu'ils sont des liens
ou de rudimentaires licols. Etaient-ils capturés ? Domestiqués ?
En 1999, la découverte de squelettes de chevaux préhistoriques permet de confirmer la présence continue de ces Tarpans trans-Pyrénéens au néolithique, 5.500 et 3.500 ans AV J.C., accréditant la thèse de la persistance dans cette région, d'une souche primitive qui s'est maintenue jusqu'à nos jours.
En résumé, d'est en ouest, depuis l'Asie Centrale jusqu'en Europe, le cheval sauvage préhistorique s'est adapté à des milieux très différents. La robe beige isabelle parfaitement adaptée à la steppe herbeuse sèche, est devenue grise dans la steppe plus verte de l'Ukraine et recouverte de petits buissons disséminés, puis grise brune avec la crinière, la
queue et les extrémités des membres noires dans les forêts ouvertes de saules et de bouleaux de Pologne et brune ou noire dans les forêts denses de feuillus et de conifères de l'Europe occidentale.
Les trois robes ne se sont maintenues au sein de la même population que chez le poney de Dülmen, dont le biotope moins spécifique et nettement plus varié, n'a pas permis la spéciation plus avancée d'une sous-espèce de Tarpan des forêts, comme cela s'est produit en Pologne, dans l'Exmoor, sur l'île de Gotland ou dans le sud-ouest de l'Europe, en
France et en Espagne (même si la robe isabelle réapparaît parfois parmi ces populations, comme l'absence de crinière longue ou une queue moins touffue).
Néanmoins, on observe chez tous ces différents groupe, des caractéristiques morphologiques similaires et nous savons aujourd'hui qu'avant le développement de l'humanité et les défrichages du moyen âge, les Tarpans des Forêts étaient présents partout, de la Bretagne au Portugal et même en Corse.
A partir du néolithique, l'homme colonise les plaines puis les vallées. La faune sauvage entre en concurrence avec les intérêts des êtres humains et partout, afin de protéger les animaux domestiques et ses premières cultures, les herbivores comme les carnivores et même les oiseaux sont systématiquement chassés et pourchassés. Progressivement, la faune
sauvage
se réfugie et ne subsiste que sur les terres les plus pauvres, les plus incultes, là où les hommes ne peuvent pas s'installer. Avec le développement spectaculaire de l'agriculture au moyen âge et la déforestation orchestrée par les moines autour des villages et des églises, quelques groupes de Tarpans des Forêts subsistent dans les isolats de plus en plus réduits.
Ils donneront naissance aux bidets bretons à la robe sombre (disparus dans les années 1950), aux poneys landais et barthais en Aquitaine, au poney navarrais en Béarn, au Pottok ou Pottoka au Pays Basque, au poney asturcon en Espagne et au galicien au nord du Portugal. Au
poney de Corse également. Dans chacune de ces régions, l'homme a capturé les chevaux
sauvages et les a croisés avec d'autres races pour obtenir des chevaux aptes à une utilisation particulière : Le Bidet Breton d'origine a disparu à la fin des années 1950, par croisements successifs, le Landais n'existe plus depuis la fin des années 50 et le Barthais ne survit qu'avec moins de 50 reproducteurs, le Mérens est devenu un petit cheval de trait destiné à la polyculture de montagne et maintenant allégé par apport de sang Arabe, Welsh et Frison.

Le Castillon a ressurgi du passé récemment depuis le développement de l'équitation de loisir, Le Navarrais ne se rencontre plus depuis la dernière guerre mondiale, le Pottok d'aujourd'hui est sélectionné pour proposer une multitude de robes, de tailles et des aptitudes à la selle ou à l'attelage, l'Asturcon est agrandi pour contenter les cavaliers
adolescents ou les adultes légers, quant au Galicien, il ne fait l'objet d'aucun programme de protection et les poulains plus ou moins croisés, sont tous vendus à la boucherie.
Le poney de Corse, quant à lui, a disparu par croisements successifs, à la fin des années 1970. Néanmoins, parmi les populations de Pottok et d'Asturcon, subsistent encore aujourd'hui, quelques chevaux dont la robe noire et la morphologie sont identiques à celles de la souche primitive. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils se sont maintenus sur
des montagnes et landes sauvages aux sols acides et très pauvres, à une altitude variant de 400 mètres à 1000 mètres, où ils peuvent vivre toute l'année sans intervention humaine à condition de ne pas avoir été croisés.
Plus bas, ces chevaux ont disparu pour laisser place aux prairies et aux cultures ; plus haut, les prairies d'alpages plus riches, ont favorisé l'élevage de petits chevaux rustiques croisés avec des races de trait pour obtenir des poulains plus lourds destinés à la boucherie et qui sont redescendus en hiver quand il y a trop de neige en altitude.
Au 19ème siècle, la présence de ces petits chevaux élevés sur les plus maigres pâtis, inaptes à toute utilisation en raison de leur taille ne dépassant pas 1m 15, font l'objet d'un comptage : Sur le versant français, 800 petites cavales sont recensées.
L'observateur préconise de les croiser avec des étalons d'au moins 1,35 m pour obtenir des poneys qui pourraient servir à quelque chose. Fort heureusement, ces chevaux conservés sur des landes très pauvres ne sont pas métissés car leurs propriétaires qui les repoussent en dehors des prairies réservées aux brebis et aux vaches savent bien que la souche
primitive est la seule capable de résister au milieu naturel sans intervention humaine.
Et ces chevaux ne doivent pas engager des dépenses inutiles. Involontairement, au Pays Basque comme dans les Asturies, les hommes renforcent la sélection naturelle impitoyable tout en isolant encore plus ces chevaux sauvages dont la stabilité génétique est renforcée. Considérés comme des animaux rétifs au caractère difficile, ils ne sont pas utilisés pour
les travaux agricoles parce que trop petits et trop légers et ne sont pas montés en raison de leur taille trop réduite.
Seuls quelques sujets capturés très jeunes et apprivoisés pour être dressés sont parfois attelés à de petites voitures, notamment dans la province du Labourd ou bâtés pour transporter des marchandises ou participer à des passages en contrebande, mais ils restent une exception.
En 1850, le peintre officiel des Haras, Adam, réalise une planche couleur consacrée aux différentes races et le "cheval pyrénéen, petite race" y est parfaitement représenté, à l'échelle. Similaire au cheval préhistorique peint 10.000 ans plus tôt à Combarelles ou Lascaux, il devait mesurer 1,20 m comparé aux autres races dessinées, comme l'arabe
ou le cheval normand. Il deviendra avec Lefebvre, poney navarrais, quelques décennies plus tard.
En Espagne, les premières études sur la faune du Pays Basque, des Asturies ou de Galice, mentionnent ces petits chevaux sauvages noirs, qui sont capturés une fois par an en battues pour être vendus sur les foires, appartenant à la commune ou à des particuliers, expédiés dans les mines du Nord ou de l'Angleterre, car très résistants et peu salissants, ou
utilisés pour la contrebande en raison de leur robe peu voyante. Territoriaux, certains de ces petits chevaux, apprivoisés à l'âge de 6 mois et relâchés ensuite, étaient chargés de marchandises de l'autre côté de la frontière et effarouchés de nuit. Il ne restait plus qu'à les récupérer sans risque le lendemain matin sur leur lieu de pacage habituel avec leur précieux chargement.
Dès 1920, des études précises et complètes en Espagne permettent de déterminer les caractères morphologiques de ces chevaux. Il faut attendre 1933 pour que Lefebvre nous livre leur mode de vie détaillé sur le versant français où il est appelé "poney navarrais" et 1935 avec Ferreras au Pays Basque Sud en Espagne. En 1936, un long-métrage français
dont l'action se déroule au Pays Basque Nord en France, permet de visualiser en mouvements un groupe de 42 petits chevaux identiques et conformes à la robe et à la morphologie décrite par les différents auteurs de part et d'autre des Pyrénées et similaires aux peintures rupestres du magdalénien.
En réalité, en fonction de chaque région et de chaque langue, une appellation particulière est attribuée à ces petits chevaux vivant à l'état libre toute l'année sur des landes et montagnes sauvages, capables de survivre en hiver en absorbant des ajoncs épineux, en supportant le parasitisme extrême avec les vers, les mouches plates et les tiques qui se
fixent par milliers sur leurs parties génitales, sous les membres, le cou et la gorge, dans les oreilles, la crinière et la queue.
A l'inverse des chevaux domestiques, ils sont immunisés contre la piroplasmose et limitent la prolifération des vers en mangeant la pointe des fougères pourtant toxiques, de mai à septembre. En hiver, ils développent même une épaisse moustache de part et d'autre de l'extrémité de la lèvre supérieure, pour éviter de se blesser avec les épines des ajoncs
épineux quand ils broutent aux pieds de ces buissons envahissants.
Appelés "pottok" au Pays Basque français (prononcer pottiok, nom commun qui veut dire petit cheval), "pottoka" au Pays Basque espagnol, "asturcon" dans les Asturies espagnoles ou "garrano" au nord du Portugal
sur les monts Cantabriques, ce sont bien les mêmes chevaux primitifs de part et d'autre des Pyrénées, qui
ont survécu jusqu'à nos jours, grâce au désintéressement des populations à leur égard en raison de leur faible rapport économique et parce qu'ils pouvaient se maintenir sans frais ni main d'œuvre sur des terres incultes et stériles.
Il est frappant de contaster la ressemblance parfaite entre le pottok de type originel français, le poni vasco pottoka espagnol, l'asturcon et le poney de Dülmen à robe noire, pourtant distants de milliers de kilomètres mais conservés inchangés dans des milieux difficiles où ces populations résiduelles descendant du Tarpan des Forêts ont été isolés depuis
des centaines d'années.
Dans les années 1950 et 1970, de très nombreux témoignages, documents iconographiques et des rapports de vétérinaires avec l'étude sur le groupe sanguin particulier de ces chevaux, prouvent une fois de plus l'authenticité de ces Poneys du Pays Basque déjà menacés de disparition (documents Bernadette Lizet, Dr Domercq, Pr Raymond Furon, Dr Bonnet, photos).
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