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communales défrichées et louées aux agriculteurs pour les transformer en prairies artificielles ou pour y pratiquer la culture intensive de céréales.
Persistent encore en l'an 2000, environ 200 de ces chevaux en liberté sur 6 petits massifs montagneux français des Pyrénées Atlantiques couverts de fougères et d'ajoncs épineux, en Navarre espagnole et dans les départements basques de Guipùzcoa et de Biscaye, parmi des milliers de poneys et double-poneys plus ou moins croisés avec des chevaux de trait,
des "pintos" aux robes bariolées, des chevaux de selle et des poneys et qui mettent en péril ces populations originelles résiduelles menacées de disparition.
Exportés dans d'autres régions aux biotopes plus favorables, le POTTOK DE TYPE ORIGINEL s'est parfaitement bien adapté en développant une taille légèrement supérieure et une masse musculaire plus importante que ses congénères maintenus à l'état libre dans des milieux difficiles.

Son ossature reste néanmoins très gracile et sa taille se limite à 1,30 m voire 1,32 m au garrot maximum au bout de plusieurs générations.
Des montagnes humides des Pyénées occidentales, aux prairies marécageuses ds Landes de Gascogne, de la forêt de l'étang de Cousseau, aux landes de Bretagne, du maquis méditerranéen des Alpes de Hautes Provence à la plaine camarguaise, du marais de Lavours dans l'Ain aux montagnes du Jura, ces chevaux font preuve d'une remarquable capacité à tirer parti
de tous les milieux, confirmant leur ancienne répartition probable sur l'ensemble du territoire.
Il faut rappeler qu'il y a 5.000 ans, la forêt couvrait 70% du territoire, de la pointe de la Bretagne jusqu'à l'Oural. Cet immense massif forestier comptait de très nombreux mammifères dont de grands herbivores comme les bisons d'Europe, les Aurochs, les élands et les Tarpans.
A l'inverse des équidés de plaine qui vivent en grands troupeaux, ces chevaux ont développé un comportement adapté à un environnement boisé particulièrement pauvre, nécessitant de grandes surfaces pour nourrir un petit nombre d'animaux. Plus de la moitié des juments observées deviennent solitaires à leur maturité, en s'éloignant de la cellule maternelle
et des groupes sociaux stables de plus de 3 à 5 individus sont rares, voire inexistants.
Les poneys croisés avec des races domestiques qui cohabitent avec ces chevaux aujourd'hui et qui sont majoritaires à 98% dans le même habitat, ont perdu ce comportement.
A cause de l'intervention de l'homme, le sexe ratio est déséquilibré (1 étalon pour 25 femelles), augmentant rapidement la pollution génétique, cause majeure de la disparition de la souche originelle.
Dans ces conditions, on observe en mars et avril un regroupement des juments autour des quelques étalons, au lieu de voir naturellement les étalons regrouper les juments.
Les femelles de premier rang hiérarchique accaparent l'étalon et sont couvertes les premières. Leurs poulains naîtront parfois sous la neige, au début du printemps suivant et bénéficieront d'un lait plus riche en mai et juin vers leurs 2ème et 3ème mois de vie, au moment de la plus forte croissance.
Les juments de second et troisième rang ne sont couvertes qu'en mai et juin, parfois début juillet et leurs poulains se développeront beaucoup moins, faute d'une herbe suffisamment nutritive en été. L'hiver suivant, ils seront 50% moins développés que les poulains nés 2 mois plus tôt et n'auront aucune chance de devenir dominants par la suite (mâles
ou
femelles).
Les étalons appartenant à la souche primitive conservent âprement leurs juments et font preuve d'une énergie nettement supérieure à celle observée chez les poneys croisés, alors qu'ils ne bénéficient d'aucune intervention humaine.
Il tolèrent les jeunes jusqu'à l'âge de 2 ans et les chassent ensuite de leur groupe, évitant ainsi la consanguinité. Les femelles de 2 ans qui peuvent être en œstrus, ne sont pas couvertes par ces étalons qui les repoussent.
Le rétablissement d'un sexe ratio plus équilibré (au moins un étalon pour trois à cinq juments faute de 50/50) permettrait de maintenir la variabilité génétique de la souche primitive tout en concentrant les naissances au début du printemps, favorisant de fait une croissance optimale à chaque génération, comme c'était le cas avant l'intervention de
l'homme.
L'élimination de la reproduction des étalons croisés présents sur les différents massifs, landes, bois et marais serait nécessaire pour éviter la dégénérescence de ce TYPE ORIGINEL.
Mais il est bien tard pour agir dans la mesure où l'immense majorité des juments est croisée également et que mis à part quelques cas isolés, il n'y a pas de volonté des éleveurs de poneys de protéger et de sauvegarder le Type Originel.
En hiver, quand l'herbe de la montagne n'a plus aucune valeur nutritive, le Pottok descend instinctivement sur les collines de fougères qui abritent encore de quoi manger. Aujourd'hui, ces espaces sont généralement clôturés pour y cultiver du maïs ou réaménagés en prairies artificielles réservées aux vaches at aux brebis. C'est pourquoi un apport de fourrage
est nécessaire à cette période de l'année pour compenser la réduction de son biotope.
Mais en montagne, le Pottok affamé qui veut descendre est canalisé par des barrières et il se retrouve sur les routes goudronnées où il risque de provoquer des accidents de la circulation. Alors afin de le protéger dans son environnement, la Maison du Pottok a financé avec l'aide du Département, de la Région et de la Fondation Bardot, la pose de passages
canadiens - sortes de grilles construites sur le sol avec un vide en dessous - qui laissent les
véhicules circuler mais sont dissuasives pour le Pottok comme pour la plupart des autres herbivores.
Ainsi , l'utilisation douloureuse d'entraves en bois fixées au dessus du sabot pour ralentir les poneys qui descendent en hiver, n'a plus aucune raison d'être. Ces pratiques d'un autre âge sont heureusement devenues rares, mais chaque année des poneys aux pieds déformés, l'os à vif, claudiquant sur le bord des chemins, sont malheureusement encore aperçus.
En vieillissant, entre 15 et 20 ans, le Pottok a de plus en plus de difficultés à assimiler les éléments nutritifs de l'herbe pauvre et cellulosique de la montagne en hiver. L'acidité du sol finit par provoquer des entérites chroniques et sans intervention humaine, le Pottok s'épuise jusqu'à mourrir de malnutrition. Cette situation n'existait pas auparavant,
quand il n'était pas croisé et parce qu'il avait la possibilité de descendre plus bas vers les vallées où l'herbe est plus riche et dans les sous-bois où il trouvait glands et châtaignes en abondance.

Afin d'offir aux vieux animaux de la Réserve une fin de vie paisible et agréable, quand ils commencent à donner des signes de faiblesse, nous les transportons en Normandie à la ferme du Douet à proximité de Deauville, véritable Maison de retraite où ils retrouvent une deuxième jeunesse grâce à l'herbe riche de cette région. Dans ces conditions, il n'est
pas impossible de rencontrer des poneys âgés de plus de 30 ans, en bonne santé.
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